Vin de France, liberté et cohérence

Voici quelques lignes tirées du Livre « Le Vin au Naturel » de François Morel dont nous apprécions particulièrement l’engagement et l’amour du vin vrai. Il résume bien mieux que nous le ferions ce que nos coeurs de vignerons amoureux de la terre et de ses spécificités portent en eux de révolte et d’insoumission à un système de « normalisation », là où tout n’est que variations….

 

« A la fin du xxéme siècle, l’arsenal technologique et réglementaire est au point pour éliminer le vin  oenologiquement défectueux, c’est à dire le vin « non marchand », et pour corriger le vin naturellement faible (petites années, rendements abusifs…) qui grossit les stock d’invendus. l’ensemble des paramètres constituent un modèle, un standard qui se définit avant tout comme une absence de défauts. Chaque appellation offre une variation autour du modèle général, module sa confomité – notamment par le caractère aromatique variétal: à oenologie correcte égale, le pinot noir bourguignon doit sentir la griotte, le cabernet franc tourangeau le poivron, etc. La typicité devient l’art de se distinguer des autres sans se distinguer du modèle…L’AOC devient une marque déposée où le C-conformité au standard- est l’élément principal, garant du A et du O.

Les qualités que des siècles de pratique-taônnements et expériences-avaient mises en vanat sont en train de quitter la sphère de la réalité pour entrer dans l’ordre du discours: la notion de terroir, née de la singularité avérée des crus…est une notion qui se vide profgressivement de sa substance.

La notion de terroir est réduite à une image, à un « message », à une idéalogie dont la bureaucratie règle les menus détails. Et, comme de juste, on n’a jamais autant parlé de « terroir » que depuis qu’il s’est dissous dans les pratiques qui le nient. »

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Autre texte truculant…

 » La non-conformité à la norme « chimique » et « raisonnée »est – à quelques exceptions prés – non pas une quelconque défaillance, mais un refus de s’y plier, une critique de cette norme. Tout autant que la non-conformité, c’est ce point de vue critique qui est exclu. Les conditions même des dégustations d’agrément pénalisent les vins attachés au terroir plus qu’aux apparences, à la limpidité ou la gamme aromatique. Les critères de conformité à un type s’opposent aux critères d’authenticité compris comme acceptation du terroir ou refus de ce qui le mutile et le baillone. La date précoce de dégustations d’agréent, les impératfs des vins clairs et finis, en adéquation avec le marché et ses rotations rapides, prêchent en faveur des vins tchnologiques. Le goût moyen des dégustateurs des commissions, entretenu par des stages de formation formatée, a pour idéal des vins au rendement maximal, vendangés tôt, levutés, enzymés, chaptamiés/acidifiés, cencentrés enventuellement, sulfités/filtrés/collés, etc., bref, morts-nés mais impeccables. » François Morel, tiré du livre Le Vin au Naturel img_5457